Vous l’avez deviné, chez Haute Comme 3 Pommes, on fait attention à la planète !

Je vous avais proposé des petits gestes tout simples pour sauver la planète ici (avec 5 petits gestes pour sauver la planète) et ici (5 autres petits gestes) (rien que ça), je vous avais parlé aussi de mon changement de moteur de recherche en passant à Ecosia, un moteur de recherche qui plante des arbres. Et puis bien sûr, vous voyez mon engagement en tant que créatrice avec depuis quelques années les cotons démaquillants réutilisables qui vous plaisent toujours autant, les tout nouveaux mouchoirs en tissu, les gants de change, les coussinets d’allaitement… et puis les tout nouveaux cotons démaquillants, plus grands et les essuies-tout lavables qui viennent de faire leur apparition en boutique.

Tout ça pour dire que ce n’est plus un mystère que je tends à réduire mes déchets pour protéger la planète.

Alors, pour répondre à la question mystère : « peut-on être zéro déchet avec un nouveau-né ? »… voyons voyons… par quoi on commence ?

 

1- Le nerf de la guerre : les couches

Avant même d’avoir un désir d’enfant, j’avais toujours crié haut et fort que mes enfants auraient des couches lavables sur les fesses ! Et quand tout ça s’est concrétisé, il a fallu passer aux choses sérieuses… et convaincre mon mari.

On savait déjà depuis longtemps que dans les couches jetables, il y a tout plein de produits chimiques pas bons du tout pour les fesses de nos chérubins, des produits issus de l’industrie pétrochimique (bouhhhhhhh…..), que ces couches ne sont pas recyclées et juste brûlées ou enfouies et que bouuuhhh ça pollue les sols, ça s’infiltre dans les nappes phréatiques, et que bouuuuuhhh c’est pas bon pour la terre dans laquelle on va cultiver nos légumes qu’on va manger, bref toussa toussa. Et puis 60 millions de consommateurs a fait un super dossier qui a fait super du bruit, et on en a entendu davantage parler.

Même notre Ségo, ministre de l’Environnement en a parlé sur BFM/RMC. Ouais ouais. C’est pas du flan quoi.

 

 

Si l’on cherche sur internet des comparatifs entre couches jetables et lavables, on trouve des dossiers bien faits, pas compliqués du tout à comprendre : ici sur Consoglobe, et ici sur Le Monde. Et puis si après tu veux davantage explorer le sujet, je peux te conseiller ce petit livre pas long (pas le genre de livre qui t’aide à caler la table du salon), qui date cependant de 2007 mais qui donne de bonnes pistes de réflexion : Les couches lavables, le retour, de Marianne Markmann aux éditions Jouvence que tu peux trouver dans ta librairie préférée.

Pour choisir ses couches lavables, ce n’est pas forcément évident : il existe plein de systèmes différents aux noms barbares TE1, TE2 et puis après on te parle des inserts, des surcouches, des couches évolutives ou pas toussa toussa…Tu peux t’aider de cet article pour choisir les tiennes, si tu es déjà convaincu (si c’est juste grâce au début de mon article, je me permets de m’autocongratuler. 🙂 ) Bref, on en revient à nos moutons.

Toi, le couchelavablo-sceptique, je te vois venir : « ouaiiisss mais pour produire tes couches lavables, ça demande bien de l’énergie, faut produire du tissu donc du coton, la culture du coton c’est pas bon pour la planète non plus, et puis, elles sont lavables tes couches donc ça demande de l’énergie pour les laver ». OUI mais ! C’est qu’une fois que tu as acheté tes couches lavables, tu peux les ressortir pour tes futurs mômes, ceux de tes potes qui comme toi partagent les mêmes idées. L’énergie utilisée pour produire ces couches ne l’est qu’une seule fois, contrairement aux couches jetables où il faut produire, produire, toujours plus.

Et ce n’est pas Marianne Markmann (comment ça tu sais pas qui c’est, remonte deux paragraphes plus haut !) qui te dira le contraire :

 

tableau couches

Tableau simplifié extrait du livre « Les couches lavables, le retour » de Marianne Markmann, éditions Jouvence

 

Nous avons opté pour les couches de la marque Little Angel, que nous avons achetées en vente privée sur Bébé Boutik. Des couches évolutives de 3 à 15kg, qui se ferment par des pressions et ce sont justement ces pressions qui permettent de réduire ou d’augmenter la taille de la couche. Question budget, 16 couches avec insert pour 150€, prix imbattable; surtout que ces couches peuvent servir pour d’autres enfants par la suite. Alors qu’on estime qu’il faut à un bébé 4 745 couches jetables de sa naissance à sa propreté, et à environ 0.35€ la couche, on arrive à un budget de plus de 1600€ au total pour un seul enfant: diantre !

Chaque couche est fournie avec un insert que l’on peut mettre dans la poche, prévue à cet effet, mais nous préférons mettre l’insert en dehors et utiliser une feuille de protection (elle même lavable et donc réutilisable si elle n’est pas tâchée) pour recueillir les selles de notre petite louve et limiter les tâches sur l’insert. J’ai confectionné des inserts supplémentaires pour parer à toute éventualité et limiter le nombre de machines. Cette marque est peu connue et j’étais un peu sceptique au début, mais finalement, nous en sommes très contents !

Effectivement, cela demande un peu plus de travail que des couches jetables et il faut faire légèrement plus de machines. Mais je trouve que comparé aux bienfaits d’éviter à ma fille le contact prolongé, 24h/24, et ce jusqu’à ce qu’elle soit propre, entre ses parties intimes et des produits dérivés de l’industrie pétrochimique, je me dis que ça vaut le coup.

C’est à chacun de trouver le système qui lui convient le mieux, avec lequel on se sent à l’aise, car tu vas en changer des couches mon brave !

J’avoue, nous avons acheté quelques couches jetables, de la marque Love and Green, qui nous dépannent bien quand on est en vadrouille !

Voilà voilà. Bref, pour conclure sur ce point n°1 du nerf de la guerre, oui, tu peux être (presque) zéro déchet niveau couches !

 

2- La poliche des fesses de l’enfant : l’hygiène de base 

Pour lui nettoyer les fesses, la maternité (en tout cas la nôtre) y va à grand renfort de coton hydrophile, jetable donc.

Depuis quelques temps, je commercialise des gants de change, des gants en micro éponge de tencel, lavables et donc réutilisables. Et en toute objectivité, bien plus pratiques que des petits bouts de coton qui parfois restent sur les fesses de votre progéniture. Une fois votre bébé changé, paf, un coup sous le robinet et hop, le tour est joué, direction la machine à laver. On ne s’en passe plus et il ne faut pas un stock mirobolant de petits gants puisque tu les laves avec tes couches lavables. Ou avec le reste de ton ligne si tu n’es pas un warrior de la couche ou si tu es le couchelavablo-sceptique cité plus haut. Et ce n’est pas plus contraignant, non non.

gants de change

Pour ce qui est des soins, on est vachement moins zéro déchet avec les unidoses de sérum physiologiques, les compresses pour nettoyer les yeux et le nez de ton môme (tu peux passer aux petits gants lavables aussi), le petit flacon de vitamines (en verre ouf, donc recyclable).

 

3- Les grandes eaux : le bain, l’hygiène, la suite ! 

Parce que mettre des produits trop dégueu dans les couches ne suffisait pas aux industriels, voilà qu’ils t’en mettent toute une flopée dans les produits d’hygiène : 60 millions de consommateurs, encore eux, ont aussi étudié la question pour nous, feignasses que nous sommes à ne pas lire les étiquettes : la vidéo du monsieur qui en parle est ici.

Un mot d’ordre pour réduire ses déchets mais surtout réduire l’exposition de notre progéniture aux perturbateurs endocriniens : SIMPLIFIER ! Tu peux t’aider de cet article publié sur le site de la Slow Cosmétique pour en savoir davantage.

Pour le bain de notre petite louve, nous nous débrouillons sans problème avec un savon surgras Gaiia et une éponge naturelle de La Maison de l’éponge, une éponge naturelle, qui n’abîme pas les fonds marins puisque l’éponge est un animal, qui a la capacité de cicatriser et de se régénérer : c’est ce qui permet la spongiculture justement. Ouais ouais. On peut aussi très bien se débrouiller juste avec ses mains, ou alors un petit gant de change made by Haute Comme 3 Pommes dont je vous parlais plus haut.

En simplifiant, tu limites les emballages plastiques difficiles ou impossibles à recycler. Pour le savon, nous avons pris des chutes donc pas d’emballages, et pour l’éponge, ok, l’emballage de l’expédition. Pas totalement zéro déchet mais recyclable en tout cas.

Crédit photo : Savonnerie Gaiia

Crédit photo : Savonnerie Gaiia

 

4- L’indispensable à la vie de l’enfant : la bouffe, putain ! 

Bon, y’a deux écoles : l’allaitement et les biberons de lait infantile.

Pour l’allaitement, on peut être zéro déchet à fond : tes nichons sont réutilisables (eh oui !) et en utilisant des coussinets d’allaitement lavables (comme les miens), et bah, tu incarnes la perfection du zéro déchet. Si tu optes pour des coussinets jetables, tu perds des points car il va falloir en changer souvent, parfois plusieurs fois par jour selon ton débit mammaire, et ces machins-là ne sont bien sûr pas réutilisables.

Pour les biberons : ça se corse sévère. Il faut acheter de l’eau minérale, donc en bouteille plastique. Bouh. Du lait infantile, souvent dans des boîtes en métal. Re-bouh. Ça se recycle mais quand même. Acheter un biberon (au mieux le récupérer chez des copines/soeurs/cousines mais la tétine peut ne pas convenir à ton bébé) et l’emballage et l’énergie pour sa fabrication que ça implique. Re-re-bouh.

Après, on fait comme on peut, on peut être à fond zéro déchet et souffrir de l’allaitement (pour tout plein de raisons qui sont personnelles à chaque femme qu’il ne faut surtout pas juger) et donc passer aux biberons de lait infantile. Il faut, sur ce point beaucoup trop primordial laisser de côté son principe zéro déchet et faire ce que l’on sent être le mieux pour l’enfant et la maman.

 

5- Faut pas laisser son gosse à poils : les fringues ! 

Bon, un môme, ça grandit vite. Toutes les mères te le diront « faut en profiter, ça passe trop vite ! ». C’est donc valable à fond pour les habits !

Pense copines, cousines, amies, soeurs, collègues… qui seront ravies de te refiler les habits de leurs mômes et qui seront toutes émues quand elles verront ton chérubin avec les habits des leurs. Pensez aussi occasion, vide-grenier. C’est ton premier bébé ? Privilégie les habits aux couleurs mixtes, ça te permettra de les remettre au second, même s’il n’est pas du même sexe que le premier !

Nous avons eu la chance d’avoir un beau package de la part de ma soeur et d’une amie; nous avons acheté très peu d’habits, juste de quoi se faire plaisir ! J’avoue que c’est tentant, et c’est important sur le plan psychologique aussi, ça permet de se projeter. Nous avons mis des plombes à choisir le premier pyjama que notre bébé porterait !

En privilégiant les habits d’occasion, on évite de produire encore et encore des habits et donc d’augmenter encore et encore la quantité d’énergie nécessaire pur la culture du coton, le traitement, les produits chimiques, le pétrole nécessaire à leur importation… Ton enfant va grandir à pas de géants, et certains habits ne seront portés qu’une ou deux fois. Notre petite louve faisait plus de 4kg à la naissance, et je peux te dire qu’on était bien contents de ne pas avoir acheté tous ces habits qui se sont révélés bien trop petits, même en taille 1 mois !

Verdict : oui, c’est possible de faire du zéro déchet.

 

6- Le reste : le matos de puériculture

Là aussi un seul mot d’ordre pour réduire ses déchets : REUTILISER !

C’est aussi une question de budget, quand on voit qu’une poussette de bonne qualité coûte allègrement 700€ (un bras, un rein et un demi-fémur donc). Nous avons acheté une poussette de troisième main à des personnes de confiance, en super état, pour la modique somme de 175€. Une somme non négligeable bien sûr, mais rien à voir avec le prix initial bien sûr.

Tu peux aussi choisir de te passer de poussette et d’opter pour un porte-bébé et/ou une écharpe de portage (idéal dès le début de la vie de l’enfant). Tu peux aller dans les magasins d’occasion, et surtout demander à tes copines, cousines, soeurs, collègues, bref, les gens autour de toi. Tout le monde fait des gosses à foison et il y a forcément quelqu’un autour de toi ou quelqu’un qui connaît quelqu’un qui sera ravi de se débarrasser de tous ces machins qui encombrent sa cave/grenier/chambre d’ami.

Notre table à langer est une commode de famille dont nous n’avions pas l’utilité, que nous avons repeinte aux couleurs de la chambre de notre fille. Tu peux écumer Emmaüs ou les brocantes et trouver une table à langer, ou un meuble qui fera l’affaire. Son lit a été fabriqué par son papi. Alors là, ok, tu vas me dire « ouais mais bon, si tu me sors un super papi de ton chapeau magique, on ne joue pas dans la même cour ». Oui, c’est sûr que c’est une chance. Merci encore Papa.

Mais ce que je veux dire par là c’est qu’il faut faire appel aux gens autour de soi : tu n’es pas habile de tes mains et tu n’as jamais accroché un cadre au mur ? pas de soucis, il y a sûrement une Valérie Damidot dans ton entourage qui doit pouvoir t’aider. Comment ça non ? Bon, sois tu apprends à manier le marteau, soit tu n’accroches rien au mur, mais ce serait dommage quand même 🙂

En réutilisant, en achetant d’occasion, en détournant les usages initiaux des objets, on évite d’acheter et on évite les emballages inutiles : l’emballage de la poussette ou de la table à langer Ikea, là encore l’énergie nécessaire à sa fabrication et son importation.

 

On délibère : Verdict final ! 

On peut faire des choix afin de tendre vers le zéro déchet sur certains points : choisir d’utiliser des couches lavables et/ou privilégier le matériel d’occasion, bref, faire des efforts là où l’impact sur l’environnement est le plus évident et le plus important. Sur d’autres points, il est tout simplement impossible à mon sens de faire autrement : le choix du lait infantile ou les dosettes individuelles de sérum phy (si quelqu’un a un plan pour un bidon de 5L, qu’il m’envoie un mail). Mais ces « obligations » peuvent nous encourager à faire davantage d’efforts là où nous le pouvons !

Quoiqu’il en soit, essayons de s’interroger sur les principes millénaires qui nous sont inculqués en matière de soins infantiles, sur ces choses qu’il nous paraît impossible de faire autrement parce que Tata Huguette faisait comme ça, que Mamie Jacqueline aussi et que la cousine Sophie a fait comme ça avec ses trois enfants. Vraiment ? On ne peut vraiment pas faire autrement ?

Et toi, quelles sont/ont été tes astuces pour réduire tes déchets dans ta nouvelle vie de parent ?