Depuis quelques mois, nous avons envie d’épurer notre intérieur, de nous libérer d’objets dont nous n’avons pas besoin. En préparant notre déménagement pour Berlin, nous avons fait du tri dans nos affaires, dans notre vaisselle, nos vêtements, nos CD, DVD… Nous avions déjà envie de nous séparer de ces choses dont nous n’avions plus besoin (nous avions créé pour l’occasion une page Facebook pour que nos proches puissent faire leur petit marché avant de donner tous ces objets à Emmaüs), que l’on utilise vraiment très occasionnellement et ce changement s’est accentué lors de notre arrivée à Berlin. Nous avons vécu un mois dans un logement meublé à 3 et nous ne pouvions nous faire livrer qu’une partie de nos affaires : il a fallu aller à l’essentiel !

Et durant ce mois, notre réflexion s’est intensifié avec mon mari : avons-nous vraiment besoin de ces canapés ? de cette commode ? Nous avons aussi voulu faire un vide sentimental et vendre ces meubles que nous avions acquis avec notre conjoint précédent et qui nous allaient bien avant mais parce qu’on ne s’était jamais vraiment posé la question, on ne les voyait finalement plus.

Un nouveau départ. Un vrai nouveau départ.

Dans mon atelier précédent, j’avais cette fameuse commode, deux bureaux, un meuble à casiers pas très joli, un autre petit meuble…. Plein de choses disparates qu’il était difficile d’agencer ensemble. Voilà qu’ici, je n’ai plus de pièce dédiée à mon atelier, mais comme nous avons une chambre aussi grande que notre pièce de vie, je me suis installée dans un coin de notre chambre. Et c’est très bien comme ça.

Mon mari est arrivé avec une question « comment peut-on faire pour qu’on n’aie pas l’impression de dormir dans ton atelier ? « . Le taquin, il sait bien que j’ai parfois tendance à m’étaler ! Et là, je lui ai dit, fière de moi : « je n’aimerai qu’un seul meuble pour ranger toutes mes affaires ». Je l’ai choisi en fonction de mes besoins et de mes contraintes et je me suis débrouillée pour que tout rentre : mon stock de mobiles, mes papiers à mobiles, mes tissus, mes livres de couture… Et certaines choses ne sont pas rentrées bien sûr !

 

 

J’avais des dizaines de patrons de vêtements pour enfants, des petites pochettes, des gabarits de forme, des idées de papier, des idées de déco dans un énooooooorme classeur. Je me suis posée une seule question ; en ai-je vraiment BESOIN ? D’autres questions sont venues par la suite : Est-ce que je vais vraiment faire cette petite robe un peu toute bizarre pour ma fille ? Est-ce que j’aime toujours ce tissu ? Est-ce une création que j’ai envie de proposer maintenant ? Est-ce que j’ai le temps actuellement de coudre cette petite toque pour le moment hypothétique où je ferai de la pâtisserie avec ma fille ?

Je me suis raisonnée. J’ai certaines choses depuis des années, des choses que j’ai accumulées et sur lesquelles je n’avais pas daigné jeter un coup d’oeil depuis que je les avais rangées pour la première fois. Si je ne m’en étais pas servi depuis 3 ans, est-ce que j’allais vraiment le faire maintenant ? Non. Alors, j’ai pris un grand carton de déménagement (oui j’en ai encore quelques uns qui traînent) et j’ai tout mis dedans. Ici, on trouve très souvent dans la rue, sur les pas des portes des immeubles, des cartons avec des choses dont les gens ne veulent plus. Voilà où tous mes objets qui me sont inutiles à présent font finir, car il se pourrait bien que ça intéresse du monde !

C’est un processus dur à entamer, et il faut savoir renoncer. Dans le processus de création, on garde beaucoup de petites choses, des inspirations, comme ça, pour un jour, au cas où, un jour de peut-être. Mais avec le temps qui passe, les idées qui s’accumulent et qui évoluent, on emprunte d’autres routes; j’ai donné un autre chemin à Haute Comme 3 Pommes que celui sur lequel je pensais me lancer il y a quelques années et même quelques mois.

Faire tout ce vide, ça m’a permis de me libérer, de toutes ces choses que je traînais et qui m’empêchaient d’avancer; j’ai quitté toutes ces pistes que je pensais explorer un jour tout en sachant au fond de moi que ce ne serait jamais le cas; j’étais assaillie par tout ce que je « devais » coudre comme habits pour ma fille, tout ce que je « devais » créer, ce qui était censé être une partie de plaisir et qui finalement m’accablait : je m’étais fixée des obligations et je n’arrivais pas à les tenir. Je ne vais pas lui coudre toutes ces robes que j’avais « prévues », je lui en ferai peut-être juste une ou deux, mais ce sera vraiment par plaisir. Cette gamme pour enfants que je pensais lancer avec Haute Comme 3 Pommes ne le sera pas, mais ce n’est pas grave, car mes objectifs ont changé maintenant et je n’ai aucun regret de ne pas le faire, car je m’en suis libérée.

J’ai encore des progrès à faire, hein, et je ne suis pas parfaite. Je sais que je peux me libérer encore de certains tissus, (et coudre tout plein de jolis cadeaux pour mes deux nouveaux filleuls… et quelques robes aussi pour ma Bambinette), certaines boites que je peux encore vider et donner ou vendre ces tampons et perforatrices dont je ne me sers plus… Mais chaque chose en son temps ! J’ai envie de tendre encore plus vers le minimalisme dans mon atelier et ne vraiment garder que les choses indispensables, ce sera la prochaine étape !

Me voici donc totalement libérée, délivrée, gagnant du temps (car je sais où les choses sont rangées, et comme il y en a moins, je cherche moins longtemps), devant mon meuble tout joli, avec uniquement les choses indispensables ou celles dont je vais me servir VRAIMENT dans les prochains mois, l’esprit clair et apaisé.

Let’s create !

 

Et vous, vous êtes minimaliste ? Et dans votre atelier, les créatives ?