Les pâtes fraîches, c’est un souvenir d’enfance, une madeleine de Proust.

Mes parents avaient des amis lyonnais chez qui nous allions au moins tous les automnes pour la Grande Fête de la Croix-Rousse, pour manger des marrons chauds et pour ma sœur faire quelques tours de manège.
L’amie de mes parents étaient une italienne pure souche, exubérante et toujours de bonne humeur, qui, chaque fois que nous venions chez eux, cuisinait à tout va les meilleurs produits de la Croix Rousse. Nous arrivions et la plupart du temps, les pâtes séchaient sur la toile cirée de la cuisine, et ma sœur et moi tournions la manivelle de la machine à pâtes tout en grignotant des pâtes crues, moelleuses et savoureuses.

A l’âge adulte, alors que la cuisine ne m’avait jamais quittée, mes parents m’ont offert une machine à pâtes. C’est comme ça que j’ai commencé à faire les pâtes fraîches.
C’est le premier plat que j’ai fait à mon mari quand nous n’étions que des amoureux tout frais et tout fringants. Et ça a marché, la preuve 🙂

 

C’était avant que je ne commence à « pignocher »

 

Car oui, il faut bien l’avouer, faire ses propres pâtes impressionne grandement vos invités et quand je dis « mais c’est tout simple !! », personne ne me croit.
Aujourd’hui, je vous montre que c’est vraiment tout simple et qu’on n’a même pas besoin de machine à pâtes.

Les pâtes fabriquées selon la technique que je vous propose ont un nom bien particulier; on les appelle les taglierini; ce sont des pâtes fraîches originaires du nord de l’Italie.
Ce sont des pâtes riches en œufs, 10 œufs au kilo !

 

Les ingrédients

Le calcul est simple, 1 œuf par 100 grammes de farine de blé. Pour 4 personnes qui ont bon appétit (ou 4 personnes normales qui veulent un tupper pour leur lendemain midi au boulot), 400 grammes de farine, c’est bien !

Je prends de la farine blanche, de la T65, fluide et fine. Il est possible de les faire au blé complet mais la pâte est plus difficile à pétrir. Pas de sel ! Tu peux les pimper avec du safran, du curry….

 

Simple comme bonjour : de la farine et des oeufs et c'est tout !

Simple comme bonjour : de la farine et des oeufs et c’est tout !

 

Le matériel nécessaire

Là aussi : il te faudra un saladier, une fourchette, un couteau et un rouleau à pâtisserie. Et c’est tout !
De la farine aussi !

 

Voilà donc que je t’explique comment faut y faire !

Dans un saladier, tu creuses un puits dans la farine pour y casser tes œufs entiers.
Tu les fouettes avec une fourchette en intégrant petit à petit de la farine jusqu’à obtenir un pâte sans grumeaux et assez consistante.

 

La consistance idéale !

La consistance idéale !

 

Une fois cette consistance obtenue, lâche ta fourchette et mélange avec le reste de la farine à la main jusqu’à obtenir une boule.
Si la farine ne s’agglomère pas (tout dépend de la grosseur de tes œufs), tu peux rajouter avec grande prudence et presque goutte par goutte un peu d’eau.

 

LA boule (non, pas le Monsieur de Fort Boyard)

LA boule (non, pas le Monsieur de Fort Boyard)

 

Il te faudra continuer le pétrissage à la main jusqu’à obtenir un boule bien lisse, qui ne colle pas aux doigts, et avec presque pas de bulles d’air à l’intérieur.

 

Le lissage parfait (sans fer à lisser ! :)

Le lissage parfait (sans fer à lisser ! 🙂

L'intérieur parfait (sans Valérie Damidot)

L’intérieur parfait (sans Valérie Damidot)

 

Coupe ta boule en petits morceaux et farine-la bien.
Tu peux prendre ton rouleau à pâtisserie, t’aider éventuellement de pics à brochettes pour t’aider à l’étaler et là… ben, tu étales, tu étales… jusqu’à obtenir une bande de pâte fine, et surtout sans oublier de fariner !

 

Go, go, goooo !

Go, go, goooo !

 

Une fois une jolie bande obtenue, tu plies ta bande en accordéon (après avoir fariné, encore une fois !). Il ne faut absolument pas que les épaisseurs de pâte se collent entre elles, sinon tu vas passer un sale quart d’heure !

 

L'accordéon (sans Yvette Horner)

L’accordéon (sans Yvette Horner)

 

Tu prends ton couteau, et paf, tu coupes de fines bandes, de la largeur que tu veux !

 

La bande (Baader n'a rien à voir ici)

La bande (Baader n’a rien à voir ici)

 

N’oublie pas ensuite de bien démêler tes bandes, pour que celles-ci ne se collent pas entre elles. Tu peux à nouveau fariner (again and again !)

 

Ouuuaiiisss, good job !

Ouuuaiiisss, good job !

Bon, et puis tu recommences avec le reste de ta pâte.

Bon, et puis tu recommences avec le reste de ta pâte.

 

Tu fais cuire tout ça tout ça dans un grand volume d’eau salée, et veillant bien à ce que les pâtes de n’agglomèrent ensemble (sinon ça va barder pour ton matricule ! C’est surtout que ce sera irrécupérable ensuite !). Les miennes ont cuit 4 minutes !
Tu peux les faire sécher à l’air libre en les brassant et les farinant (oui oui….) de temps en temps et les faire cuire plus tard ! Le temps de cuisson sera alors un peu plus élevé. En reine du piffomètre, il faudra les goûter pour savoir si elles seront cuites.

 

A taaaaaabllleee !

A taaaaaabllleee ! File récupérer les lauriers auprès de tes invités ou de ton futur mari !

 

Alors, envie de tester ? Avais-tu déjà essayé de les faire toi-même ? Avec ou sans machine à pâtes ?