Mais où était-elle donc passée ?
Yes, I’m back. Ja, ich bin noch da !
Après plusieurs mois de silence, je comprends que vous pouviez en douter.

Depuis la fin de l’hiver, je me suis faite plus discrète sur les réseaux sociaux, notamment sur Instagram où j’avais l’habitude de poster assez régulièrement.
Je vous avais laissés avec notre escapade à Borkheide, à l’ouest de Berlin, avec une photo de lichen des rennes, dans des tons très hivernaux.

Pas la moindre trace de photo de bouée pastèque, de bords de piscine, de cocktail sur la plage, même pas de photo de mon bronzage ou de mes yeux cachés derrière des lunettes de soleil. Quelle femme indigne je fais !
Mais, il faut dire que les mois qui ont suivi ont donné lieu à une sérieuse remise en question de ce que je voulais faire de ma vie, accomplir en tant que femme, maman, et quelle orientation je voulais donner à Haute Comme 3 Pommes. Quel avenir ici pour moi en tant que femme, maman, petite marque à Berlin, loin de ma zone de confort française.
Et qu’avec toutes ces questions en tête, tu penses bien que poster une photo de coucher de soleil sur une plage abandonnée (ce qui n’a jamais reflété mes vacances il faut quand même bien l’avouer), c’était pas vraiment ma priorité.


Photo by Sam Hull on Unsplash


Il m’a fallu plus de 3 mois de réflexions intenses, de remises en question, de doutes, pour affronter mes peurs, cesser de me voiler la face, me rendre à certaines évidences, me remettre de certaines blessures. Concilier ma vie et mes envies personnelles avec celles de ma famille, de mon mari, de la vie que nous avons envie de construire ensemble.

Et puis il m’aura fallu encore 6-7 autres mois supplémentaires pour digérer les réponses à mes interrogations, apprivoiser mon nouveau corps qui abrite un petit habitant à venir pour le début de l’année (whhhhhaatttt, mais elle nous annonce ça comme ça, en plein milieu, sans rien prévenir !!), et reprendre pied dans une vie plus simple, moins polluée par les choses toxiques qui m’encombraient.

Et sous cette appellation morbide de « choses toxiques », se cache : LES RÉSEAUX SOCIAUX. Sans être très productive en terme de publications, j’ai été (et je dois sans doute l’être encore un peu malgré moi) accro à mes fils d’actualité (en gros, j’étais là sans que vous me voyiez quoi) et je me suis détestée pour ça, car cela me privait de bons moments, d’estime de moi et… de sommeil réparateur.

Je me suis demandée s’il existait vraiment un avenir commercial pour une marque, pour une boutique, sans être sur les réseaux sociaux; peut-on survivre dans ce domaine de carnassiers où la chasse aux likes est légion, où la visibilité de chaque publication est une question de vie ou de mort ? Et puis, est-ce que j’en avais envie ? Est-ce que ça me plaisait de travailler sur ce genre de communication ?


Photo by Marc Schaefer on Unsplash

En fait non. De ces mois de réflexion a émergé cette réalité : je n’aime pas me travestir pour plaire aux gens, je n’aime pas créer des univers fictifs pour manipuler mes clients dans le seul but de les pousser à consommer, d’acheter mes produits. J’estime que si vous achetez mes produits, c’est que vous croyez en eux et non pas parce que vous avez été entourloupé par une masse de marketing. Alors, je ne vous dis pas le contraire, le marketing n’est pas le mal incarné et il peut avoir des bons côtés. Oui, oui, je te l’accorde.

Mais faut-il que je me travestisse, que j’aille à l’encontre de mes valeurs pour vendre mes produits ? Que je renie ma personnalité ?
Je ne le pense pas. Je crois qu’il faut savoir se connaître soi-même pour être réaliste, ne pas se mentir et mentir aux autres. Oui, dans la vie, je suis une personne sensible et discrète, qui n’aime pas se mettre en avant, qui aime observer avant d’agir, qui a besoin de temps pour prendre des décisions mais qui fonctionne à l’instinct. Je ne peux pas être une autre quand il s’agit de ma vie professionnelle, car lorsque vous achetez mes produits, vous achetez un peu de moi aussi.

Alors ne vous inquiétez pas si vous me voyez moins sur les réseaux sociaux, je suis toujours là quel que part, il se peut aussi que je prenne le temps de souffler, de réfléchir à des choses de la vie, de remettre mon esprit à zéro.
Oh mon dieu, c’est ça la crise de la trentaine ? ahhh, je suis un peu en retard ? ou alors déjà la crise de la quarantaine ? ahahhhh